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A propos d’une poêle à frire comme instrument de musique

Posté par le 23 juin 2009 | 3 Commentaires

poele-musicale

Cette poêle, authentique cévenole, a servi comme instrument lors du conte Babborco (voir notre animation « Parfum d’Italie »).
Elle sonne un mi, si, si, je vous l’assure, un beau mi digne d’une cloche en bronze de grande facture.
L’affaire s’est révélée de la manière suivante …

Cette poêle harmonieuse pouvait bien servir de gong pour l’annonce du démarrage de la Fête de la musique. C’était une idée sympathique. On tente donc un essai, dans le bureau de la Discothèque Arpège. Je demande, tout à fait innocemment, quelle note elle donne et un collègue saute alors sur le combiné du téléphone –qui n’a pas sonné, je le précise et déclare :

- on est en 440 ! ?….

Ma tête et celle de la stagiaire qui m’accompagne ! (DUT métier du livre, parmi nous pour deux mois) CIMG0002Je me demande si le collègue entend des voix. Quant à la stagiaire, elle a l’impression qu’un souffleur s’est caché dans le combiné, comme sur les scènes de théâtre. A croire que la réponse à ma question se trouvait dans ce fichu téléphone posé sur le bureau. Stupeur ! Une autre collègue attrape le combiné, pas gênée le moins du monde, comme si c’était la chose la plus normale à faire en pareille circonstance :

- C’est un « la » dit le premier collègue (celui qui a décroché le premier !)

- Non, c’est un mi ! répond-elle, l’oreille toujours collée au combiné du fameux téléphone.

Mais qu’est-ce que le téléphone peut bien avoir à faire dans cette affaire ? Je me demande, in petto. Eh bien, c’est là que ça devient intéressant. Le combiné lorsqu’on le décroche donne le la –paraît-il- et le diapason est en fréquence 440. Il s’ensuit une conversation des plus sérieuses sur la montée croissante du diapason au cours des siècles et ce qui pouvait paraître un peu farfelu et bizarre dans le comportement de mes collègues est totalement sérieux et très instructif. Ce soir, je serai moins bête. Et nous voilà à fouiller dans l’Internet pour nous instruire sur le diapason, la stagiaire et moi.

Quand à la poêle, star incontestée de cette affaire et authentique cévenole, je le répète, elle sonne, je vous l’assure, un beau mi clair et lumineux.

http://www.dailymotion.com/video/x9rdqz

C’est aussi cela le quotidien d’un discothécaire

Commentaires

3 commentaires pour “A propos d’une poêle à frire comme instrument de musique”

  1. Belle Poule
    juin 26th, 2009 @ 16 h 48 min

    Ce mi me hérisse les poêles!!

  2. La Poêle
    août 1st, 2009 @ 15 h 37 min

    madame, le cuisinier vient de me montrer dans son PC l’article que vous m’avez consacré ; je suis bien sûr sensible à vos éloges, mais j’ai beau n’être qu’une poêle, j’ai tout de même le droit à la parole et je vous avoue que je ne me suis pas immédiatement reconnue : j’ai même cru entendre la 3ème casserole (à gauche au dessus de l’évier) ; je crains ne jamais pouvoir m’habituer à ces sons d’ordinateurs (pas plus qu’ au micro-onde, d’ailleurs); mon âge respectable, peut-être ? tout ceci pour vous dire, que je préfèrerai dorénavant m’en tenir à ma vocation première, qui est celle de mitonner d’authentiques et savoureux petits plats pour les honnêtes travailleurs.
    bien à vous, la Poêle, authentique cévenole
    PS : ne lui manquerait-il pas quelques comas, à ce mi ?

  3. Marine Labarre
    août 29th, 2009 @ 16 h 30 min

    Chère Amie cévenole,

    Loin de moi d’éveiller une polémique, surtout sur un sujet somme toute si « savoureux », mais une poêle, si modeste soit-elle, chante ! Absolument !
    Cela est dans sa nature même et prouve vos multiples talents en plus d’être un modeste outil fort utile à notre survie. Ne dit-on pas que le beurre doit chanter dans la poêle avant d’y mettre quelque aliment à cuire ? La musique n’est jamais loin dans une batterie de cuisine et chère amie cévenole, vous auriez bien tort de vous sentir froissée par ce nouvel usage et vouloir réduire vos talents aux seules fonctions culinaires, en ignorant votre intrinsèque qualité musicale et sonore. Cet usage qui vous a semblé presque déplacé est tout à votre honneur.
    Ceci étant dit, je suis d’accord avec vous sur la «médiocrité» d’un enregistrement qui ne vous rend nullement justice. J’en conviens, il frise davantage –oserai-je le sarcasme !?- le son de casserole, mais n’en parlez en aucune façon à votre voisine de placard, car elle pourrait se vexer. Qui sait s’il ne me faudrait pas d’affronter le courroux d’une batterie de cuisine en ébullition, le piano orchestrant alors huile bouillante, couteaux et autres tranchoirs ou hachoirs menu pour venger l’honneur de l’office ! Mais vous ne ferez jamais une telle chose, car la musique adoucit les mœurs et nous conclurions plutôt cette controverse autour d’un bon petit plat que vous nous auriez tous joyeusement mitonné de concert.

    Amicalement et musicalement vôtre,

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