Tuner de Brest

Le blog musical de la bibliothèque de Brest

Tv on the Radio, from Brooklyn

TV-on-the-RadioSans vraiment avouer la sortie d’un prochain album, Tv on the Radio vient tout de même de lever le voile sur deux nouveaux morceaux : Million Miles et Mercy. Mais Tv On The Radio, késako ? De la Télé à la Radio ?

Sorti tout droit de la scène indie-rock-soul new-yorkaise, TV on the Radio débarque dans nos oreilles en 2002, mené par un chanteur aussi charismatique qu’envoûtant, Tunde Adebimpe, accompagné de David Andre Sitek guitariste et producteur multi-instrumentaliste. Ils se rencontrent en 1997 et sortent au début des années 2000 leur premier album OK Calculator.

C’est avec l’excellent Desperate Youth, Blood Thirsty Babes, sorti en 2004, que le groupe  – rejoint par Kyp Malone – se fait plus largement connaitre.  Je retiendrais Staring at the Sun, titre qui m’a permis de découvrir ce groupe enchanteur et Ambulance qui m’a tout simplement mis une énorme claque. Parfois, les choses ne s’expliquent pas. Comme éblouie par ce groupe depuis dix ans.

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En 2005, le trio est rejoint par Jaleel Bunton et Gerard Smith.

En 2006, le groupe sort Return to Cookie Mountain. David Bowie apparaît sur la chanson Province et Kazu Makino de Blonde Redhead (autre très bon groupe) sur Hours6.

Dear Science, leur quatrième album sort en 2008. On retrouve sur cet opus, le titre DLZ repris dans un épisode de la deuxième saison de la série  Breaking Bad. La chanson a été composée en 2008 lors des campagnes électorales pour la course à la présidence des Etats-Unis.

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En 2011, alors que le groupe s’apprête à partir en tournée pour la sortie de l’album Nine Type Of lights, Gerard Smith, bassiste, succombe à un cancer des poumons.

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Pour les avoir vus deux fois en concert, dont la première à L’Ubu à Rennes, j’ai été complètement hypnotisée par la performance de Tunde Adebimpe. Il était comme possédé par sa musique, les yeux révulsés, nous balançant ses démons en pleine figure. Captivant !

Avec ces deux nouveaux titres postés récemment sur la toile, le quator new-yorkais intrigue. Vers quelle planète vont-ils encore nous faire voyager ?

 

King Gong !

Ahhhhhhhhhh !! Quel concert ! Eh oui, Gong était de retour sur scène, au Vauban, ce samedi à Brest !

Gong, c’est ce groupe mythique des années 70 emmené par l’australien Daevid Allen, fondateur de Soft Machine et Gilli Smyth, auteur d’un nombre impressionnant d’albums dont le fameux « camembert électrique ». Le jour où j’ai vu ça sur Internet, je me suis dit « It’s the place to be » ! J’achète donc mes places, quelques 6 mois à l’avance, et le jour dit, je rejoins quelques amis, tous la cinquantaine passée, qui ont déjà vu Gong en 74 ! (je n’ai entendu que ça de toute la soirée…). J’ai entendu aussi, souvent, « Mais comment tu connais ça toi ? »… Et alors ? Avoir 40 ans est-il un obstacle pour aller voir Gong en concert ? Et bien je dirais que non ! Pour preuve la moyenne d’âge des gens présents au Vauban ce soir là ! Salle comble, des « vieux », des moyens, et des jeunes, la vingtaine environ. Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour la bonne musique !

Les lumières s’éteignent, un peu en retard (20 minutes), et Gilli Smyth monte sur scène… Le pas hésitant, soutenue par Orlando Allen, batteur et fils de Daevid, ovation ! Puis les autres membres du groupe, et tout s’enchaîne, une intro planante avec des sons de guitare stridents, la voix de Gilli, comme avant… Même si le groupe a changé, la pèche est là !

A la guitare, Fabio Golfetti, excellent, aux cuivres, Ian East, très bon aussi. C’est parti pour 2 heures de musique, avec entre-acte de 15 minutes tout de même (juste de quoi fumer une cigarette et boire une bière), le tout avec la banane pour tout le monde ! Daevid, malgré ses 74 ans assure ! Il bouge, il gratte, il saute, il joue avec le second guitariste, on sent que l’alchimie fonctionne, tout le monde est heureux, comme en 74, et c’est ce qui compte !

 

 

 

Voilà ce que j’appelle un VRAI concert, un souvenir qui va rester, et je pourrai dire, moi aussi, dans 30 ans : j’ai vu Gong en 2012 !

 

Pour les photos c’est ici !

Live à Ponta – Episode 4.2. – Zimé

Zimé, un groupe du coin qui raconte le monde…

En février sortait le premier album du groupe, « Un monde parfait », au titre contradictoire avec sa vision des choses.

En effet, Zimé est un groupe dont les textes sont forts, enclins à la mélancolie et au pessimisme. Dès le premier titre , « Et après ? » le ton est donné :   »pour le pire c’est à venir, on fait silence ici en France »

Puis « frère de… » tout aussi noir, laisse entrevoir que tout n’est pas perdu : « mais j’ai l’audace de croire à l’espoir », comme si les deux premier titres marquaient la couleur de l’album. Se succèdent des chansons engagées, « SDF », « virus », « roi des cons », « fleur de l’aube » et d’autres un peu moins, tout aussi noires mais qui parlent d’amour, « carbone 14″, « lost dog ». Pour finir en apothéose sur un titre explosif, j’ai nommé « everything is allright ». Là on se dit que finalement « tout n’est pas toujours tout noir, tout noir » comme dirait Marina Foïs dans « Filles perdues cheveux gras »… Et bien si ! les derniers mots, « we’ll all be dead tomorrow so everything is allright » balancés sur un rythme punk/rock nous laissent à notre triste sort, devant la pochette grise de l’album qui ne laisse, elle non plus, rien présager de bon… Pochette qui, d’ailleurs m’a rappelé celle de l’album « Animals » des Pink Floyd, dont le contenu était déjà explicite… Un clin d’oeil ?

Quoiqu’il en soit, Ce Live à Ponta n’a laissé personne indifférent. D’abord parce que le groupe est bourré d’énergie, de gentillesse, en d’envie de partager, et ensuite parce que le contact avec eux est d’une facilité impressionnante !

Stef, chanteur à la voix coincée entre Bashung et Lavilliers  a dû se plier à l’exercice difficile de chanter dans une bibliothèque… Eh oui, il en faut pour tout le monde : il y a ceux qui viennent pour la musique, et il y a les autres… Ce qui nous oblige à doser le volume sonore… Pas facile pour un groupe de rock qui a l’habitude d’envoyer des décibels !

Le concert débute par les morceaux lents et très noirs, avec une voix dont les fréquences sont inhabituelles, captivant au passage un public qui  n’était pas là pour ça… Voilà pourquoi je parlais tout à l’heure de partage…

http://www.dailymotion.com/video/xqelw1

L’ambiance est bonne, festive, surtout quand le groupe entame des musiques des îles qui donnent vraiment la pèche ! Le son monte, monte, monte… (tout en restant raisonnable, on n’est pas à Bercy…) pour finir en beauté sur un morceau où chaque musicien pourra s’exprimer et notamment Baf’, le batteur qui s’est retenu depuis le début du live…

Merci à vous cinq d’être venus nous rendre visite, en vous souhaitant une longue carrière, et encore de bons moments musicaux !

L’album « Un monde parfait » est en vente dans les centres Leclerc, chez Dialogues Musiques, et dans plein d’endroits de la région. Pour plus de renseignements, contactez Zimé sur Myspace, Facebook, ou à stef.zime@yahoo.fr

 

 

Stef – Vocals / Frankie – Bass / Kev’ – Guitar / Strike – Guitar / Baf’ – Drums

 

 

 

Je suis vieille, et je vous enc…

La carène accueillait hier soir une artiste du cru, j’ai nommé Brigitte Fontaine.

Originaire de Morlaix (pour ceux qui ne la connaissent pas), la grande dame s’est faite attendre une petite demi-heure avant de monter sur scène, chaussée d’une casquette qui cachait son visage. Ah oui… Cacher son visage… Il faut dire que dans l’après-midi, les consignes photos avaient été claires : pas de photo ! Au moins on sait à quoi s’en tenir !

Mais revirement de situation à 19h : photos autorisées, pendant les trois premières chansons, pas de gros plan, pas de profil, et de loin ! Exigeante l’aïeule !

La salle est pleine, multi générationnelle, Areski est aussi présent aux percussions, et le tour de chant commence… Bon son dans la salle, la toute petite bonne femme se meut dans des postures désarticulées, bafouille quelques insultes en marchant sur sa langue, puis se ravise et salue chaleureusement le public. Brigitte Fontaine reste égale à elle-même, provocatrice à souhait, et nous emmène dans son univers durant plus d’une heure et demi. On va de « Duralex » à « Brigitte » en passant par « Conne », « Entre guillemets »,  pour finir sur « Soufi » en rappel en duo avec Areski. Rarissime, un entracte de quinze minute entre les deux sets… Il faut dire que la dame affiche 73 printemps au compteur !

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Les musiciens dont elle s’est entourée pour cette tournée sont excellents ! Des p’tits jeunes, qui jouent le jeu, jusqu’à se soumettre à la mise en scène, notamment sur « Brigitte », titre extrait de l’album de 1972. Le contact avec le public se fait naturellement, et c’est là qu’on se rend compte qu’elle n’est pas si irrespectueuse que ça, malgré l’image qu’elle peut donner dans les médias. Personnellement, c’était la première fois que je la voyais en concert, contrairement à la majorité du public. Et bien le constat est là : un de mes meilleurs concerts ! Avec cependant un coup de gueule envers les techniciens… (oui, je sais, je suis une râleuse, et j’assume ! ) On a le droit de ne pas aimer Brigitte Fontaine, ça, je le conçois. Par contre, de là à parler fort, à se marrer comme des baleines, à dire tout haut que dans deux chansons ils seront débarrassés, à picoler et à en oublier de régler le son, surtout sur les chansons piano / voix,  il ne faut pas non plus exagérer ! Messieurs les techniciens, vous n’avez pas payé votre place, nous si ! Alors un peu de respect s’il vous plait ! Vous avez gêné tout le fond de la salle, vous, petits jeunots incultes qui ne jurez que par la daube qu’on nous passe à la radio… Et oui, nous n’avons pas les mêmes goûts, c’est comme ça…

En tout cas, assurer comme ça à 73 ans, moi je dis Bravo Brigitte, et espérant vous revoir sur scène un de ces jours !

John Cale ou le retour du Rock à Papa…

La saison des concerts à Brest a repris, et avec elle son lot d’artistes de passage dans notre cité du bout du monde… Cette année, le programme est  ambitieux. En effet, au Vauban ou à la Carène, une foule d’artistes internationaux vont se succéder et certains concerts affichent déjà complet !

Et hier, j’ai eu le grand plaisir d’aller écouter un vieux d’la vieille, j’ai nommé John Cale !

John Cale, quand on est jeune on ne sait pas qui c’est. Normal, il était membre du Velvet Underground dans les années 60′s, aux côtés de Lou Reed entre autres, puis a continué une carrière solo. On le connaît plus pour son rock que pour tous les styles auxquels il a touché, mais il n’en est pas moins un producteur/compositeur/interprète de génie qui sait suer de toutes les ficelles pour rester fidèle à sa réputation.

Ses collaborations successives (Patti Smith, Brian Eno, The Stooges, Terry Riley et j’en passe) ont donné naissance à son album phare en 1973 « Paris 1919″.

 

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Alors quand j’ai vu John Cale dans la programmation de la Carène, j’ai sauté sur l’occasion ! (Où plutôt, mes amis n’ont pas manqué l’occasion de m’offrir la place pour mon anniversaire ! Merci mes amis !!).

Avec quelques quinze minutes de retard, le concert a commencé. Surprise, 4 personnes seulement sur scène… Mais dès les première notes, ben c’est la claque ! Il faut dire quand même que le bonhomme va fêter ses 70 ans en mars prochain… Respect !

Le son est excellent (en hauteur), le vieux chanteur est entouré de trois jeunes musiciens dont un batteur plus qu’excellent, et l’alchimie fonctionne ! On regrettera sans doute l’omission (volontaire ou non) des tubes du Monsieur, mais on appréciera le passage de titres au clavier plutôt « soft » aux titres purement rock qui balancent ! Et il tient la route le bonhomme !

Les enchaînements sont rapides, pas de temps mort, ça file, et ça file droit ! Deux petits regrets quand même : ces artistes assurent le service minimum ; un petit « Bonsoir Brest », 1h30 de live, et un dernier « Bye bye Brest, good night ». Pas de rappel, mais on s’en doutait un peu…  Et l’utilisation des samples qui devient de plus en plus courante et énervante (mais bon, j’en conviens, faire déplacer un saxophoniste pour un seul morceaux sur une tournée, ça ne doit pas être évident…).

En résumé, un vieux d’la vieille qui tient la route, même si le physique est en raccord avec l’âge, la voix elle, est là et bien là !

Prochain concert : Alina Orlova au Vauban le 9 novembre.

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