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Clarika – Moi en mieux

Posté par Belle Poule le 10 août 2009 | Pas de commentaire

 

clarika1Claire Keszei, jeune femme de 42 ans, est née d’un père hongrois, poète, réfugié politique,  et d’une mère française. Son parcours commence par des études de lettres et de théâtre, mais surtout par la rencontre avec Jean-Jacques Nyssen, belge de son état, qui deviendra son complice tant dans la vie que dans la musique.

Son premier passage radio date de 1993, grâce à François Hadji-Lazaro qui la produit, puis s’enchaînent les albums et les concerts, jusqu’en 1998 où elle reçoit le prix Félix Leclerc du meilleur jeune auteur aux francofolies de La Rochelle, et c’est en 2001 que sort le titre qui la révèlera au grand public : « les garçons dans les vestiaires ». Elle devient alors une artiste française reconnue, qui signe pratiquement tous les textes de ses albums.

Et c’est là que ça devient intéressant…

En effet, alors que la chanson française bat de l’aile avec des chanteuses R’n’B qui manquent cruellement d’inspiration et de vocabulaire ou des chanteuses à voix qui racontent des banalités en nous vrillant les oreilles, Clarika laisse glisser sa plume sur des sujets qui vont du léger au grave en passant par le banal, mais tout en finesse, sans abuser du dictionnaire des rimes ; les textes chantent d’eux-mêmes, quelques pointes d’humour relèvent la sauce, et la musique qui les accompagne finit de remplir l’espace pour ne plus laisser la place qu’à l’écoute.

 

Son dernier album, « moi en mieux » vient de sortir, et à l’intérieur, quelques bijoux à ne pas rater…

Commençons par le début, j’ai nommé « bien mérité », sans doute la chanson la plus engagée de l’album (les albums précédents n’abordaient pas de sujets aussi graves, c’est nouveau chez Clarika, et on apprécie !!).

A la première écoute, on se dit : Non ! Ce n’est pas possible, elle n’a pas osé…

Et bien si ! Elle a osé dans le texte, et Jean-Jacques Nyssen a osé dans la musique. Une musique qui ressemble à une déstructuration, une mélodie calée sur une mesure improbable, un premier couplet/refrain plutôt optimiste et intimiste sur un piano/guitare acoustique tranquille et des percussions légères, puis un second couplet, beaucoup plus ironique sur l’état du monde, où la batterie prend de la profondeur, où la guitare électrique entre légèrement saturée, et joue le même accord sur un rythme lancinant qui renforce l’idée qu’ailleurs c’est moins bien qu’en France…

La façon d’annoncer la chose est osée, mais au moins ça change des chansons engagées sur la misère dans le monde qu’on a l’habitude d’entendre. (souvenons-nous de la chansons pour l’Ethiopie, de « ferme les yeux et imagine-toi » de Soprano, et j’en passe).

Assez parlé, je vous laisse vous délecter de ce titre :

 

http://www.dailymotion.com/videox8ic1i

 

La petite carte en plastique que l’état m’a donnée,
Ah ouais, je l’ai bien méritée
Naître en république dans une clinique chauffée
Ah ouais je l’ai bien mérité
Les bancs de mon école, le pouvoir d’étudier
Ah ouais je l’ai bien mérité
Aller voir mon docteur quand j’me sens fatiguée
Ah ouais je l’ai bien mérité
La douceur de l’enfance, l’amour qu’on m’a donné

Bah ouais c’est vrai j’y avais pas pensé
Bah oui, pardi, on me l’a toujours dit
Bon sang, c’est sur, c’est la loi de la nature
C’est l’évidence, t’avais qu’à naître en France

Et tans pis pour ta gueule si t’es né sous les bombes
Bah ouais tu l’as bien mérité
T’avais qu’à tomber du bon côté de la mappemonde
Bah ouais tu l’as bien mérité
Si la terre est aride y’a qu’à trouver d’la flotte
Bah ouais
Un peu de nerf mon gars pour la remplir ta hotte,
Bah ouais
On prend pas un bateau si on sait pas nager
Bah non
On n’a que c’qu’on mérite, alors t’as mérité

Bah ouais c’est vrai j’y avais pas pensé
Bah oui, pardi, on me l’a toujours dit

Bon sang, c’est sur, c’est la loi de la nature
C’est l’évidence, t’avais qu’à naître en France
C’est l’évidence, t’avais qu’à naitre en France
Bah ouais j’y avais pas pensé
Bah tiens, c’est bien, donnons nous les moyens
C’est l’évidence, t’avais qu’à naître en France
C’est l’évidence, t’avais qu’à naître en France

Si l’album est une réussite, c’est aussi grâce à d’autres titres comme « moi en mieux », qui fait l’éloge de l’avancée dans l’âge de raison, « lâche-moi », dont la mélodie mélancolique donne le ton sur la relation mère/fille, « la petite boîte » dont tout un chacun pourrait dire qu’il a la sienne.

 

Discographie :

 

cent-ans   peut-pas   fille   joker   moi

  

Retrouvez les albums de Clarika en bibliothèque

 

Son site

 

La Belle Poule vous salue bien.

 

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